Le gouvernement veut rassurer sur la sécurité énergétique du Royaume. Intervenant à la Chambre des conseillers, Leila Benali a affirmé que le Maroc dispose actuellement de réserves de gasoil couvrant près de 48 jours de consommation, tandis que les stocks d’essence dépassent les 40 jours.
Face aux parlementaires, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable a défendu la capacité du Royaume à faire face aux secousses du marché international depuis 2021, sans enregistrer de rupture majeure d’approvisionnement. Elle a attribué cette stabilité à la coordination entre les opérateurs privés et les institutions publiques, ainsi qu’à une stratégie basée sur l’anticipation des risques.
Selon les chiffres présentés durant la séance, les autres produits énergétiques affichent également des niveaux de stockage considérés comme satisfaisants. Pour le gouvernement, cette situation permet de maintenir un certain équilibre sur le marché national malgré les tensions persistantes autour des prix mondiaux du pétrole et du gaz.
La ministre a également insisté sur l’importance des investissements dans les infrastructures énergétiques et logistiques. Ports, capacités de stockage et réseaux d’approvisionnement figurent parmi les priorités mises en avant pour renforcer la résilience du pays face aux perturbations géopolitiques internationales.
Le contexte régional reste d’ailleurs sous haute surveillance. Les tensions autour du Détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, continuent d’inquiéter les marchés et d’alimenter la volatilité des cours énergétiques.
À l’approche de l’été 2026, période marquée par une hausse de la consommation et le retour massif des Marocains résidant à l’étranger, le gouvernement estime nécessaire d’accélérer les investissements afin de sécuriser davantage les flux énergétiques et répondre à la demande croissante.
Mais ces explications n’ont pas suffi à calmer les critiques de plusieurs conseillers, notamment issus des syndicats. Certains élus ont dénoncé l’impact direct de la hausse des carburants sur le pouvoir d’achat des ménages et sur les coûts du transport et des produits de première nécessité.
Les représentants syndicaux ont également remis sur la table la question des marges des distributeurs, réclamant davantage de transparence sur les mécanismes de fixation des prix. Plusieurs intervenants ont plaidé pour une régulation plus stricte du secteur afin de limiter les effets de l’inflation sur les consommateurs.


